Galerie Claude Samuel

Masayoshi Yamada

L’homme migrateur

sculptures, peintures et dessins

du 1er décembre 2007 au 26 janvier 2008

    EXPOSITION PROLONGEE JUSQU’AU 9 FEVRIER 2008

1987 : Collage - décalage - L’homme migrateur : 2007

voici 20 années que Yamada expose à la galerie, qu’il explore inlassablement la condition humaine, à l’aune de sa culture d’origine et de celle de son pays d’adoption :

Amours assis (1988) ; Le cours du fleuve (1990) ; de l’Est à l’Ouest (1992) ; Demeures sans toit (1993/94) ; Non-i-dentifiés (1995) ; Pas à pas, Yamada à Paris (1997) ; Offrandes quotidiennes (1999) ; Trou blanc (2001/2) ; …..et mes désirs (2003) ; Merci (2005) ; ) L’Homme Migrateur(2007-08)

vue d’exposition

photo (c) M. Yamada 2007
Aujourd’hui, Yamada élargit la tribu des êtres de métal et de peau, qui avait déjà peuplé une partie de la galerie en 2005. Ils sont grands ou petits, en couple, à quatre pattes, debout, juchés sur des piétements métalliques, s’accrochent au mur, flottent en mobile, entourés de feuilles transparentes, et ils nous touchent par leur fragilité et sensibilité, mais aussi grande force.

vue d’exposition

photo M. Yamada 2007 vue d’exposition


Masayoshi Yamada has been exhibiting at our gallery for twenty years now- this being his 13th solo exhibition. Over this period, Yamada has kept exploring human life in all its aspects, both from the point of view of his japanese origins and from that of a French resident.
This exhibition will include a whole tribe of striking sculptures made from metal and strips of goat-skin : huge-sized ones, small ones climbing up the walls, floating in mobiles, sitting on metal bases. Also included will be new works on paper and paintings on glass and wood.


vue d’exposition 2005
Aomi Okabé (extraits)

Yamada est arrivé à Paris en 1973, à une époque où les hippies faisaient encore le tour du monde avec leur sac à dos. Yamada créait alors des sculptures ayant la forme d’un fétus portant un sac à dos… Un fait qui n’échappa pas à l’attention d’un célèbre psychanalyste parisien qui devint l’un des plus fidèles collectionneurs du travail de Yamada.

C’est lui également qui, en 1984, nous présenta l’un à l’autre pour que j’écrive un texte pour le catalogue d’une exposition en solo cette année-là. Yamada s’était alors déjà éloigné des images violentes de têtes coupées et de fétus en résine de polyester. Il créait des œuvres bi-dimensionnelles en collage. Selon ses propres mots ‘il essayait toujours d’aller quelque part’.
Les artistes du mouvement Nouveau Réalisme qui avait émergé en France dans les années 60 créaient des objets ready-made à partir d’affiches arrachées. Yamada lui aussi se trouvait attiré par les immenses posters affichés dans les stations de métro, se révélant ainsi en empathie avec la sensibilité française. Ce fut aussi une façon de réagir aux actions avant-gardistes du passé. Yamada n’emploi pas les affiches sous leur forme d’origine : il s’en sert comme d’un matériau pour créer des effets de couleurs. Ces travaux étaient une forme de déconstruction post-moderniste quasiment unique dans les années 80.

L’ombre et l’envol 1986
Yamada se servait aussi de vieux objets usuels trouvés. Cela allait de verres et miroirs cassés en passant par des plaques de goudron trouvés dans des chantiers de démolition et de peaux de mouton ou chèvre vendus aux marchés aux puces. A l’aide de ces matériaux Yamada explorait des moyens de faire revivre des souvenirs cachés jusqu’alors au fin fond de sa mémoire.

Aujourd’hui Yamada se sert de fil de fer pour construire des silhouettes humaines à quatre pattes. C’est la première fois depuis longtemps qu’il se concentre à ce point sur la sculpture et cela représente un nouvelle étape et un nouveau succès pour lui. Ces silhouettes évoquent les personnages émaciés de Giacometti de même que l’araignée géante de Louise Bourgeois, mais les fourmis de Yamada offrent un langage à des choses qui rampent à travers un monde noir. Cependant elles sont imparfaites, et donc moins que de véritables êtres humains ; de même leur stérilité en fait l’opposé de l’immense araignée féconde.

Pour l’être humain le fait d’avoir quatre pattes est une sorte de voyage en arrière, une manière de tout recommencer à partir de la préhistoire avant que les êtres humains ne soient devenus humains.

vue d’exposition
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